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Réglementation

Chiens guides refusés : la verbalisation pourrait changer de main

La Conférence nationale du handicap du 4 septembre 2026 prévoit de confier aux polices municipales la verbalisation des refus d'accès aux chiens guides et d'assistance. L'annonce ne suffit pas à rendre le transfert applicable : ses modalités restent à préciser.

RéglementationPar Guillaume Philippot, directeur de la publication5 min de lecture

Un labrador sable porte un harnais de guidage clair et est couché près d'une porte vitrée.
Illustration d'ambiance. © Dog & Cie

Face aux refus d'accès encore signalés par les associations, le gouvernement veut confier aux polices municipales le soin de verbaliser les commerces et les établissements qui refusent les chiens guides et les chiens d'assistance. La mesure figure dans le dossier de presse de la Conférence nationale du handicap du 4 septembre 2026. Le site spécialisé Handicap.fr en a détaillé la portée le 10 octobre 2026, et les associations attendent déjà le mode d'emploi.

Ce que prévoit exactement la mesure

Le dossier de presse de la Conférence nationale du handicap 2026, publié par le ministère chargé des personnes handicapées, inscrit dans son engagement 1 (« Inscrire l'accessibilité au cœur du pacte républicain ») une mesure 3 consacrée au quotidien des personnes handicapées.

Trois points y concernent les chiens. Le premier est un objectif : « Assurer l'effectivité du droit à l'assistance d'un chien-guide ». Le deuxième annonce que « la compétence de verbalisation des refus d'accès aux personnes accompagnées de chiens guides et d'assistance » sera transférée à la police municipale.

Le troisième annonce une réforme du « statut des chiens guides et d'assistance » et du « système de certification des centres de formation ». Le document ne fixe aucune échéance pour ces trois points.

Interrogé par Handicap.fr le 10 octobre 2026, le cabinet de la ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, justifie ce transfert par le faible nombre d'interventions de la police nationale sur ce type de refus, et espère des constats plus rapides et plus nombreux.

Pourquoi la loi existe déjà mais s'applique mal

Le droit d'accès n'est pas nouveau. L'article 88 de la loi n° 87-588 du 30 juillet 1987, modifié à plusieurs reprises depuis, autorise les chiens guides et d'assistance dans les transports, les lieux ouverts au public et les lieux de travail, de formation ou d'éducation, sans facturation supplémentaire.

L'article R. 241-23 du code de l'action sociale et des familles prévoit une contravention de 3e classe pour le refus d'accès aux lieux ouverts au public. Service Public indique un plafond de 450 euros pour une personne physique et de 2 250 euros pour une personne morale. Une qualification de discrimination relève de conditions distinctes : elle ne se déduit pas automatiquement de ce seul article.

Le constat et les suites d'un refus dépendent de l'infraction et des compétences des agents. Ne confondez pas le plafond légal d'amende avec un montant automatiquement facturé sur place.

L'ANM' Chiens Guides indique dans son bilan 2025 que 375 refus d'accès ont été signalés et traités. Ce sont des signalements recueillis par l'association, et non un décompte exhaustif de tous les refus en France.

Ce que disent les associations

L'ANM' Chiens Guides, citée par Handicap.fr, prévient que le transfert de compétence qu'elle souhaite conserver l'intervention de la police nationale et de la gendarmerie, et insiste aussi sur la reconnaissance de la gravité des refus.

Un utilisateur de chien guide interrogé par le même média raconte avoir appelé le 17 lors d'un refus et s'être heurté à des interlocuteurs qui ne connaissaient pas la loi. Il demande que l'on commence par former les agents.

Le cadre juridique et les modalités concrètes du transfert ne sont pas encore définis, toujours selon l'ANM' Chiens Guides. Autrement dit, la mesure est annoncée, mais elle n'est pas encore applicable.

Ce que ça change pour vous et votre chien

Si vous vivez avec un chien guide ou un chien d'assistance, rien ne change dans vos droits : ils sont les mêmes qu'avant le 4 septembre 2026. Ce qui pourrait changer, c'est l'autorité à solliciter lors d'un refus, et la rapidité de la réponse.

Si vous vivez avec un chien de compagnie, cette mesure ne vous concerne pas directement : l'accès garanti par la loi vaut pour les chiens guides et d'assistance, pas pour tous les chiens. Elle dit en revanche quelque chose d'utile à tous : un refus affiché à l'entrée d'un commerce n'est pas toujours conforme au droit.

Si vous tenez un commerce, un restaurant, un cabinet ou un hébergement, le message est clair : refuser une personne accompagnée d'un chien guide vous expose à une amende, et vos équipes gagnent à connaître la règle avant qu'un agent ne la rappelle.

Infos pratiques : que faire en cas de refus

  1. Rappelez calmement le texte : article 88 de la loi du 30 juillet 1987, accès autorisé sans supplément.
  2. Demandez le nom de l'établissement et celui de la personne qui refuse, et notez la date et l'heure.
  3. Signalez le refus à votre association de chiens guides ou d'assistance, qui alimente le recensement national.
  4. Vous pouvez saisir le Défenseur des droits, dont la saisine est gratuite.
  5. Vous pouvez demander à un agent de police de constater l'infraction sur place.

Sources

CNH 2026, dossier de presse, page 17 (consulté le 12 octobre 2026).

ANM, bilan 2025 (consulté le 12 octobre 2026).

Article 88, droit d’accès et gratuité (consulté le 12 octobre 2026).

Article R. 241-23, sanction du refus (consulté le 12 octobre 2026).

Service Public, accès des chiens guides (consulté le 12 octobre 2026).

Pour aller plus loin

Voyager avec son chien en voiture

Croiser un chien guide ou d’assistance

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